Un roman balzacien sur les passions villageoises.
L'affaire Alphonse Courrier
Marta Morazzoni
Actes Sud
Traduit de l' italien par Marguerite Pozzoli
Juin 2008 / 160 pages / 19€
Orcival, un village d’Auvergne au début du XXe siècle, Alphonse Courrier, quincaillier satisfait est tout à la dégustation de son cigare sur le pas de sa boutique. Une photo en noir et blanc qui pourrait s’intituler la vie dans les campagnes.
Alphonse Courrier, dans le plus grand secret, pimente ses nuits de célibataire avec la présence d’Adèle, la fille la plus laide du village. Leur passion se limite à deux nuits par semaine.
Un homme de son statut ne peut décemment pas se marier avec une fille comme elle. Alors, en quête de la bonne épouse, il choisit Agnès Duval, la ménagère parfaite qui saura lui aménager un intérieur douillet. Deux enfants plus tard, Adèle le rejoint encore discrètement dans l’arrière boutique. Entre-temps, Germaine, la voisine au strabisme prononcé s’est immiscé dans l’intimité du couple, follement amoureuse d’Alphonse. Mais Agnès organise un mariage qui l’éloignera définitivement.
Alphonse Courrier est irréprochable, les ragots sont tus. Pourtant, la bouchère a des doutes. Dans ce huis clos villageois, les histoires d’amour sont dissimulées derrière les façades obscures. Un drame survenant un matin glacé de 1917 va réveiller les commérages tapis dans l’ombre.
Avec ses allures de vaudeville, la maîtresse, l’amant, l’épouse, le mari, ce roman est un instantané sur le quotidien d’un village au début du XXe siècle.
« L’affaire Alphonse Courrier » est un roman enrichi d’une profusion de descriptions et de détails psychologiques qui font de cette histoire somme toute assez banale, une analyse pointue des comportements régis par la bienséance d’une communauté. Marta Morazzoni en tant que narrateur intervient de manière ironique pour commenter les actions des personnages.
Alexandra Morardet