Olibrius en vadrouille, loufoquerie et fantasmagorie : un des cocktails préférés de Pierre Jourde.
La Cantatrice avariée
Pierre Jourde
L'Esprit des Péninsules
Avril 2008
264 pages / 19 €
Un château tortueux accueille une secte. Bolo et Bada, deux adeptes se laissent aller à leurs jeux violents, avec barbarie et imagination. Les adeptes disparaissent, à la recherche de leur gourou disparu, d’autres font sécession, certains disparaissent dans les pièces inconnues de la bâtisse, réapparaissant des années plus tard. Les deux acolytes reprennent les choses en main aidés de leurs amies violence et barbarie. Une ancienne cantatrice, mère de l’un d’eux se fait écraser par un semi-remorque, l’autre mère, est rafistolée de la moindre veinule au bout de peau.
Après une campagne dans les bois qui a achevé les adeptes de la secte, Bolo et Bada se séparent. L’un rejoint un hôpital psychiatrique, l’autre est marié à la chaîne par sa mère.
Les retrouvailles des deux olibrius, retournant au château, occupé par un vieillard, Georges Onslow les éloigne de la secte, inexistante.
« Bolo avait raconté son entrevue à Bada, au sortir de la forêt, sa croyance en un dieu réintégrant un jour ses êtres fissurés par la morne vision d’un petit vieillard grattant des poissons, mais cet épisode lui-même se trouvait entaché de quelques irréalité. D’ailleurs ne pouvait-on pas lui accorder un sens symbolique ? Il aurait fallu en avoir le cœur net. Qui avait régné sur leur destinée, si ce n’était pas ce dieu toujours en vacance se faisant appeler Georges Onslow ? »
Ces destinées farfelues guidées par des pensées absurdes sont mises en scène dans un roman libre de toute contrainte entrecroisant les personnages les plus loufoques.
« Leur vie ressemblait à une fantasmagorie, mais telle quelle, et sans même qu’ils le sussent, elle finissait par leur plaire avec son visage sans aménité. Les morts de Maman, les révélations post mortem d’Onslow, cette débauche d’Afrique, de sorcellerie et de zombies, la visite au château, tout cela les avait écœurés de l’extraordinaire. »
Un objet littéraire étonnant sur deux personnages « dans les histoires que le Très-Haut se raconte pour tromper l’ennui de l’éternité. »
Alexandra Morardet